Défiant un bitume caniculaire, le festival « pas comme les autres » a transformé les rues de Villeurbanne en bouillon de cultureS, pendant trois jours. La société se renferme et se rembrunit ? La fête, désordre salutaire, est envisagée comme levier politique. Au-delà de la parenthèse divertissante, elle confronte à l’altérité. Rencontres. (…)
« Un dispositif d’écoute, la Flânerie en paysage mobile de Blöffique Théâtre, cette compagnie qui adore nous faire arpenter la ville. L’expérience se déroule cette fois-ci en solo. L’auditeurice part à pied, à son rythme, géolocalisé par GPS. On parcourt un kilomètre comme lors des restrictions du confinement. Il s’agit de déplacer le regard porté sur les ados, qu’on se plaît souvent à enfermer dans des images de passivité, l’œil rivé à leur portable. On découvre une étonnante conversation de groupe, où le téléphone permet d’inventer des jeux et de nouveaux modes d’entraide : visite guidée pour remonter le moral, liste de besoins que les autres aident à combler… Des personnalités se dessinent alors qu’on traverse des lieux insolites : chantier, points de deal, escaliers au milieu d’espaces verts presque bucoliques. Étrange porosité entre la fiction sonore (non exempte de violence) et le paysage traversé. L’application fonctionne bien, on ouvre grand les yeux sur le quartier, on débusque des pépites, on entre avec facilité dans l’imaginaire et la solidarité de ce clan d’ados. C’est étonnant, fertile jusqu’à la mise à distance finale, via sms, qui débouche sur une ébauche frustrante de lien. »
ARTICLE du 24 juin 2026 dans Les Trois Coups, par Stéphanie Ruffier