Oniré blÖffique théâtre

Création

ONIRé

« Je crois à la résolution de ces deux états, en apparence si contradictoires, que sont le rêve et la réalité, en une sorte de réalité absolue, de surréalité, si l’on peut dire ainsi. »


André Breton, Manifeste du surréalisme (1924)

ONIRé propose une fiction qui prend appui sur le rêve nocturne et imprègne sur les espaces publics ce sentiment intime et déroutant que nous éprouvons parfois au réveil, quand la limite entre songe et réalité reste floue quand le monde que nous venons de traverser et qui n’appartient qu’à nous-même n’en demeure pas moins lointain.

Dans une alternance de récits de rêve et de périodes de marche, dans ce balancement entre fiction et réalité, entre divagation mentale et moment d’attention, ONIRé invite à décaler progressivement notre perception du réel. Ainsi s’imprime sur le paysage urbain, le temps de la représentation, un univers surréaliste, où la balade de 70 personnes ne s’impose pas mais se glisse dans la vie ordinaire, où les lieux où nous vivons ensemble se trouvent marqués d’étrangeté et nous réservent à nouveau des surprises, nous interrogent encore, nous dépaysent peut-être…

Cette création entraine le public dans deux parcours distincts, dont les points de départ et d’arrivée sont communs:

– une déambulation pour les adultes et les jeunes à partir de 13 ans, où en appui sur l’architecture et les usages d’un quartier, des textes poétiques déplace notre point de vue sur un réel familier. Ces écrits, pour la plupart oulipiens et surréalistes (H. Michaux, P. Blackburn, S. Doizelet) projetés dans un contexte extérieur, vont nourrir notre perception d’un réel décalé, d’un présent distordu, façonnant des sensations proches des songes et créant cette friction entre l’activité concrète, voire brutale de la rue et l’état plus contemplatif d’une rêverie éveillée.

– une parcours dédié aux enfants, entre 6 et 12 ans, tourné davantage vers l’action et l’expérimentation sensorielle, afin de partager avec eux le sentiment que nos rêves nocturnes participent du réel, et pour considérer la rue comme un lieu de possible, un espace de liberté potentielle, et par la fiction, les faire entrer dans cette sensation, dans cette aventure où nous les accompagnons presque en cachette de leurs parents, pour qu’ils puissent éprouver un plaisir de spectateurs entre enfants.

« On n’apprécie bien que les paysages que l’on a d’abord vus en rêve. »


Gaston Bachelard